Gérard GANDIN

à partir de 110 €

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La cène érotique

Une femme hurle, la bouche grande ouverte. Son corps est nu, son regard

est épouvanté, ses mains sont ouvertes, en signe d’adoration ou peut-être de stupéfaction. Elle est au coeur de la scène, personnage principal d’une Cène érotique revisitée par le peintre Gérard Gandin. Son corps est livide, desséché, cisaillé par de très fines égratignures qui griffent la toile, un corps blessé qui rappelle les personnages d’Egon Schiele, leur désarticulation mais aussi leur mal-être. 

À gauche et à droite, onze femmes dénudées, les apôtres de Jésus-Christ, exhibent leur voluptueuse poitrine. Sensuelles dans leur nudité, cruelles dans leurs regards, provocantes dans leurs postures et jusqu’à 

la cambrure de leurs reins, elles ne sont qu’audace et effronterie, allant même jusqu’à chevaucher fièrement la table du Christ. «Prenez, mangez, ceci est mon corps», semblent-elles susurrer à l’oreille du spectateur pris d’assaut lui aussi dans la profondeur de la toile et dans l’atmosphère

étouffante de ce cénacle transformé en gynécée. « J’ai voulu peindre la douleur intérieure des personnages et les rapports ambigus entre les êtres humains, peut-être le rapport sexuel, traduire le malaise que procure la frustration »,
explique l’artiste. Incapables de nouer des rapports entre elles, les onze furies ont toutes cependant en commun ce regard d’envie et de jalousie, cette appétence instinctive et quasi-animale, féline, qui les pousse à désirer (jusqu’à tendre la langue) l’objet qui se trouve dans le calice, une substitution du sexe masculin.

Anouchka ROGGEMAN